Bourses Expé 2017

récit d'expédition [lauréats BOURSES 2013]

Anba Macaya,
verticales souterraines

Explorations dans la pénisule sud-ouest

HAITI - Septembre-octobre 2013

Les yeux bleus de Marie-Jeanne, photo- Jean Francois Fabriol

BLOG

 

L'ÉQUIPE

 

Marie-Pierre Lalaude-Labayle, 28 ans,

 

Jean-François Fabriol (62 ans)

 

Stéphanie Jagou

(39 ans)

 

Pascal Orchampt,
(34 ans)

 

Olivier Testa (35 ans)

 

Matthieu Thomas (28 ans).

Premier inventaire du patrimoine souterrain
du Parc National Macaya

Inlassables, Marie-Pierre, Olivier, Jean-François, Stéphanie, Pascal et Matthieu ont sillonné les sentiers escarpés du Massif Macaya jusqu’à 2.300m d’altitude, et ils ont établi le premier inventaire des grottes du Parc, dans l’une des deux dernières forêts primaires d’Haïti. Dans ce massif karstique au relief accidenté, ils ont exploré 95 gouffres d’une profondeur allant jusqu’à 120 mètres. Et ils se sont jetés à l’eau pour suivre le parcours souterrain de trois rivières. En pleine saison des pluies – parfois torrentielles et sans fin – les spéléologues ont découvert les résurgences difficilement détectables par temps sec.

Le pied trempé mais fermement campé, écartant de la machette lianes coupantes et troncs piquants, l’équipe a parcouru un karst très ancien, décapité par les précipitations importantes du massif, et dont les principales galeries n’ont plus de fonctionnement actif. Quoique les cartes laissaient présager un important potentiel de développement de réseaux souterrains horizontaux sous les deux formations calcaires superposées, les explorations du massif de la Hotte ont révélé une troisième formation sous-jacente qui agit comme une éponge et ne permet pas le développement de réseaux exondés.

« Nous n’avons pu trouver la rivière souterraine que nous recherchions. » mentionne Marie-Pierre Lalaude-Labayle. « Mais c’est le propre de toute expédition spéléologique : notre seule certitude c’est l’inconnu. Nous nous étions préparés à des surprises, des bonnes comme des moins bonnes » rajoute la chef d’expédition.

Un majestueux canyon

Et parmi les bonnes surprises, figure la découverte d’un très beau canyon ! Dans la ravine Casse-Cou, la rivière s’enfonce en méandre entre deux parois verticales de plus de 70 mètres et a creusé un canyon de 5 mètres de large. Ses courbes arrondies par le travail de l’eau se déroulent sur près d’un kilomètre. Plusieurs ressauts – cascades, toboggan – promettent de joyeux sauts et une expérience de canyoning ludique. Protégé en amont par une première cascade d’une vingtaine de mètres, le canyon était jusqu’alors probablement inconnu en Haïti. Un tel site géologique pourrait à l’avenir faire l’objet de développements d’activités touristiques responsables avec les autorités du Parc.

Travailler main dans la main avec les habitants du Parc : un facteur clef de réussite

De nombreux habitants étaient présents aux séances d’information organisées par les spéléologues. Ainsi sensibilisés à la fragilité du milieu souterrain, ils ont également compris l’importance de montrer les cavités connues. Heureusement pour l’équipe que ses guides, comme l’incontournable Elvis, étaient là, machette à la main, pour la guider dans cette nature impénétrable. Et leur montrer comment progresser sur une corde avec un baudrier est un excellent souvenir pour les spéléologues.

2014 : une exploration de plongée spéléologique ?

Le travail d’analyse commence. Et il reste beaucoup à découvrir – l’inventaire devra être complété. L’équipe a instrumenté la résurgence du massif, Tèt L’Acul, à l’aide de sondes de pression et de température. Les mesures obtenues sur le mois permettront de connaître les variations de débits d’eau et de mieux comprendre le fonctionnement hydrologique du massif. Et ainsi de préparer une future mission de plongée spéléologique, en 2014. Déjà les spéléologues salivent à l’idée de ce nouveau défi : tenter de pénétrer la rivière souterraine, cette fois-ci par la résurgence.

Les secteurs explorés

Un abécédaire de l’expédition de spéléologie, en guise de rapport

Anba Macaya, Verticales Souterraines

 

A comme Anba Macaya

Le pic Macaya domine le Parc national de la Hotte, et c’est en bas de cette montagne que l’équipe a repéré deux zones à fort potentiel spéléologique. L’une se situe dans le département du Sud. Il s’agit d’un plateau calcaire de 1.200m de dénivelé qui mène jusqu’à une résurgence prometteuse, avec au Nord le quartier de Formon, et au Sud, le quartier de Platon et Le Prêtre. L’ensemble des quartiers se rassemble sous le nom d’Anba Macaya.

Au nord du pic, dans le département de la Grande-Anse, plusieurs zones entre Beaumont et Duchity sont repérées, mais les plateaux calcaires y sont plus accidentés, ne permettant pas le même potentiel spéléométrique.

 

La ravine l’Acul

 

L’organisation de notre arrivée s’est déroulée ainsi :

A J-3, Marie-Pierre est arrivée sur Formon, lieu choisi pour le camp de base de l’expédition, pour rencontrer la population locale, organiser le logement et sélectionner les guides. Une fois les préparatifs finalisés, elle est redescendue sur les villes des Cayes/Camp-Perrin après 3h30 de marche et 1h30 de moto-taxi.

A J-1 Olivier et Stéphanie ont récupéré Pascal, Matthieu, et Jean-François (Jeff) à l’aéroport de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti. Ils sont restés dormir là-bas.

Le jour J (le 21 Septembre 2013), branle-bas de combat à 5h du matin pour quitter la capitale bruyante et embouteillée, direction les Cayes, à 200 km au sud-ouest du pays. A 10h, le pick-up conduit par Olivier récupère Marie-Pierre aux Cayes, et toute l’équipe monte vers le morne : 30km de pistes, qui passent par les bourg de Chantal et de Ducis, traversent la ravine l’Acule, puis les quartiers des Prêtres, Platon, Sou-Bwa, pour enfin arriver à Formon.

Le pick-up est reparti vers Port-au-Prince avec un chauffeur peu rassuré par l’état des chemins à emprunter. Au final, il ne rentrera que le lendemain sur Port-au-Prince, la descente de Formon n’ayant été finie qu’à la nuit tombée.

 

Le pick-up n’arrive pas jusqu’à la maison louée à Formon ; transport des sacs 20 minutes à pied.

B comme Beaucoup (de trous)

Sur les 6 semaines d’expédition, l’équipe aura répertorié plus de 100 trous, et en aura descendu/suivi 94. La plupart des gouffres sont bouchés et l’exploration s’est faite dans la journée. Le plus profond, le Trou Zombi, est un gouffre de 95m de fond, les autres s’échelonnent entre 60 et 20 m de fond, et les innombrables petits trous de 15m. Nous avons tout de même parcouru quelques rivières souterraines, mais nous avons été arrêtés rapidement sur des siphons. Le méga collecteur tant attendu, qui aurait débouché à la résurgence est très certainement noyé, et c’est en plongée que devra se faire l’exploration.

 

Une petite douche pour Stéphanie en attendant le grand plongeon de la prochaine expédition ?

 

Marie-Pierre sur la remontée du P. 65m du « Cheval Tombé » Pascal dans « Pas perdu, pas trouvé » un P. 27m

C comme « Ça queute»

Le classique ! Poursuivre la progression dans une très grande majorité des puits explorés a malheureusement été impossible. Pour certains d’entre eux, le courant d’air était perceptible, mais les étroitures étaient réservées à de mignonnes souris.

D comme Duchity

Nous sommes restés 4 semaines sur la zone de Formon, en comptant une escapade de 5 jours sur la zone de Grassya, à 10km à l’Est de Formon. Puis Jeff, Pascal et Marie-Pierre se sont rendus à Duchity, qui correspond à la 2ème zone identifiée par l’équipe, au nord du pic Macaya. L’équipe a logé dans le quartier de l’Eskave, à 3km à l’ouest du bourg de Duchity. C’est dans cette zone qu’ils ont suivi une rivière souterraine entrecoupée à plusieurs endroits, sur presque 500 m. Un nouvel exercice de topographie de style, le Distox X dans la bouche, les pieds qui pédalent furieusement pour garder la tête et le matériel hors de l’eau…

 

Merassaint, dans une des sections de la rivière souterraine qui alimente le captage d’eau potable de Duchity

E comme Elvis

Elvis, Beaublanc, Bazile, Lemy, Merassaint, Gino, Nènè, Ezinor, Rosa etc. Ils ont été nombreux nos guides durant cette expédition, à se mettre en quête de trous ! Elvis cependant a toute sa place dans cet abécédaire. Outre son penchant pour les chapeaux colorés, son style vestimentaire impeccable – les chaussettes toujours assorties au tee-shirt – son don pour jouer de la contrebasse à une corde, il est aussi le véritable « bousolye » (homme-boussole) d’Anba Macaya.

Il connaît l’ensemble des chemins, des recoins, des cailloux, des arbres aussi de cette montagne. On parle souvent de déforestation en Haïti, mais à Formon se trouve un homme qui étiquette les arbres qu’il a planté pour suivre leur croissance et comprendre leur développement en fonction des espèces.

Ça ne vous rappelle pas une histoire de Giono ?

F comme Fond

« Li fon ? » (Est-ce que c’est profond?) est LA question que l’on pose au guide avant qu’il nous emmène vers un puits. Invariablement, sa réponse sera : « Anpil ! ». (Beaucoup !) Nous découvrons la relativité.

« Li fon » pouvait en effet aussi bien correspondre à un puits de 5m qu’à un puits de 65m. Au-dessus d’un trou dont on ne voyait pas vraiment le fond à cause de la densité de la végétation, l’un de nous jetait une roche et chronométrait la chute. Cette technique, les Haïtiens l’utilisaient déjà, et ils étaient parfois en mesure de nous donner ce temps.

A Grassya, un guide nous a promis un puits dans lequel les roches jetées chutent pendant 2 heures. Olivier a lancé une roche, qui a arrêté sa course au bout de 2 secondes. Il a regardé un peu perplexe le guide, qui lui a répondu avec aplomb : « 2 heures, je vous l’avais dit ».

 

Pascal qui se prépare à entrer dans le trou de Katichou 1, un P. 30 mètres.

G comme Gran Gou

« M’gran gou » signifie en créole : j’ai faim. Lors de notre première semaine à Formon, nous avions laissé de l’argent à Manne, notre cuisinière, pour des courses pour 6 personnes. Le repas de midi était systématiquement sauté car nous étions sur le terrain, et le soir quand nous rentrions, nous nous jetions sur le plat qu’elle avait préparé. Nous avions systématiquement un peu faim en allant nous coucher. Au bout de 4 jours, Marie-Pierre, qui avait géré ces aspects, s’est rendu compte qu’elle avait fait une sérieuse erreur dans ses conversions monétaires, et qu’elle avait donné pour 6 personnes le budget que l’on utilise pour 2 personnes…

H comme Hot hot hot !

En Haïti, il y a, de vous à nous, un important souci de thermostat. Ajoutez à cela l’humidité et vous obtenez quelques difficultés d’adaptation même pour les plus valeureux marcheurs. Il s’agit donc de boire beaucoup. Mais l’eau représente un poids supplémentaire non négligeable. Alors nous repérons très vite les sources et les arbres fruitiers qui nous réhydrateront sur le chemin. En même temps, parfois « il pleuvait à boire debout » comme dirait la québécoise parmi nous…

 

La québécoise se prenant un bain de fraîcheur sur la route !

I comme « Il est parti plus tôt Matthieu»

Matthieu a quitté l’équipe au bout d’une semaine, le 1er Octobre, pour des raisons personnelles. Anne-Sophie, sa compagne qui devait arriver le 4 Octobre, ne nous a pas rejoint.

Matthieu sur le départ aux Prêtres après 3h30 de marche, il fera 1h30 de moto, 4h de bus et prendra l’avion le lendemain.

J comme « Ji »

Ou jus de fruit en français… on en a eu des quantités! Chaque jour en fait. Des jus de citron, d’orange, mais surtout de chadèques (le pamplemousse local), des jus de goyave aussi, et des fruits de la passion qu’ils appellent "grenadia".

K comme Kreyol

Le Kreyol : la langue locale. C’est un doux mélange d’ancien français, d’anglais, de langues africaines, d’espagnol aussi. Dans les mornes, à la campagne, il a bien fallu que l’équipe s’y mette un peu parce que les habitants ne parlent que rarement français. Marie-Pierre le parlait déjà, Olivier et Stéphanie le comprenaient et Pascal et Jeff se sont concentrés sur quelques locutions essentielles.

 

Jeff explique les photos, son matériel, à des haïtiens très curieux.

L comme « Lève-toi et marche »

Ou la petite voix du matin de bonne heure. Une expédition d’exploration spéléologique, c’est beaucoup de temps passé à randonner, à crapahuter dans les mornes (les montagnes), à faire des kilomètres sous un soleil de plomb ou une pluie tropicale, à suivre les Haïtiens quand ils prennent des lignes droites qui font totale abstraction du relief… bref, plus de 1 000km parcourus par l’équipe en 6 semaines.

D’une vallée à l’autre, entre Grassya et Formon

M comme « Muroise »

Variation autour d’une muroise !

 

LE fruit d’Anba Makaya. Le long des chemins, comme une récompense du retour, nous faisions souvent une pose pour goûter des mûres qui avaient le goût de framboises. Les Haïtiens les appelaient tour à tour cerise (mais ce nom servait aussi pour d’autres fruits) ou mir. On s’est dit que Muroise était disponible, et plus doux que Frambûre.

N comme « Nom d’une pipe, il est où ce reefnet ? ! »

La résurgence impressionnante que nous avions repérée sur Google Earth, qui s’appelle Tèt l’Acule et que nous souhaitions pénétrer par l’intérieur du massif, a été instrumentée. Nous avions 3 reefnets (capteurs) disponibles pour mesurer la pression et la température. Olivier et Stéphanie les ont installés dès le 3ème jour sur le terrain : 1 à l’amont de la ravine, 1 au niveau de la résurgence, et 1 en aval de la confluence. Un 4ème pour mesurer la pression atmosphérique aurait été judicieux. 24 jours plus tard, au lendemain d’une crue impressionnante de 20m3/s, seulement 2 reefnets sur les 3 ont pu être retrouvés.

 

Au fond à gauche, la fameuse résurgence repérée de Tèt l’Acule !

O comme Os

Olivier analyse les ossements après nettoyage

 

Les animaux tombent dans les trous… cela arrive. Nous avons déterminé sur quelques ossements retrouvés de quel animal il s’agissait.Dans le désordre, nous avons trouvé : des chiens, des vaches, des chevaux, des cabris, des rongeurs, des chauve-souris. Pas de trace d’animaux caractéristiques de la région donc.

P comme Pluie

« Qui a choisi les dates de l’expé ? » demandait Jeff dès lors que nous étions pris sous une averse torrentielle et marchions trempés. Haïti est un pays tropical avec une saison sèche de Janvier à Juin et une saison des pluies de Juillet à Décembre. Plus précisément, il s’agit d’une saison cyclonique, et cette année, elle promettait d’être sévère selon le National Hurricane Center. Heureusement, le pays en a globalement été épargné pour 2013. Mais la pluie a fait partie de notre quotidien, sans que cela nous bloque vraiment pour explorer. Au contraire, cela nous a permis de voir des petites résurgences qui seraient restées cachées par temps sec, et nous a aidé à mieux comprendre le fonctionnement hydrologique du bassin.

 

La ravine Formon, d’habitude à sec, s’est transformée rapidement en torrent nous empêchant de rentrer chez nous.

 

Mais la pluie nous a parfois empêchés de dormir cependant. Lorsque Jeff nous réveillait à 2h du matin pour essayer de comprendre – en s’aidant de toute la matière grise que nous avions de disponible à cette heure- ci -, pourquoi les gouttes de pluie sont-elles plus denses et plus grosses dans les pays tropicaux. Une question s’imposait alors à nos yeux endormis: « Qui a choisi d’emmener Jeff ? »

Q comme « Quel beau métier, professeur »

Cette expédition comportait des spéléologues et des non-spéléologues. Avec une réduction des effectifs de 7 à 5 membres, il s’agissait de rapidement autonomiser tout le monde à la descente de puits en solitaire. Dès le 3 Octobre, Stéphanie et Marie-Pierre équipent des puits seules, grâce à des professeurs d’exception !

 

Stéphanie équipe à présent seule, et se fait guider par radio pour des manip’ plus techniques.

 

Plus tard, l’équipe a installé une corde sur poulie à deux reprises sur des arbres, pour permettre aux Haïtiens d’apprendre la remontée sur corde avec le matériel de spéléologie. Les enfants ont adoré, les adultes étaient plus réticents.

Et enfin, au retour de l’expédition, Stéphanie, Marie-Pierre et Jeff sont allés à la rencontre des élèves de CM1 d’Anabelle Rodrigues de l’école internationale Schumann à Strasbourg, pour répondre à leurs questions sur l’origine de l’eau dans les grottes, les sensations en spéléologie et la dangerosité d’une expédition. L’intervention s’inscrit dans le cours sur le parcours et la gestion de l’eau de ces élèves. Superbes dessins des enfants, présentation de photos, curieuses questions et nombreux sourires ont ponctué les joyeuses heures passées ensemble.

R comme Rara

Le Rara est une pratique culturelle. Pour faire court, il s’agit d’un groupe de musique itinérant qui fonctionne surtout pour Carnaval. Mais dans les deux départements où nous nous sommes rendus à Anba Macaya, ce groupe anime aussi les moments d’entre-aide entre paysans dans les champs, une tradition appelés konbit. Nous avons donc eu la chance d’assister à ces manifestations alors qu’un groupe d’habitants de Formon prêtait main forte à un autre dans son champ.

Une bande Rara à Formon, qui dit : lève-toi et danse !

S comme Sou-Bwa et son centre commercial

Sou-bwa se trouve à 35 minutes de marche au sud de Formon. C’est une zone d’intense activité à cause de son marché, 3 fois par semaine, qui peut attirer les chalands et les marchands jusqu’à 3 heures de marche à la ronde. Sou-bwa, c’est aussi une zone qui reçoit les ondes de la téléphonie mobile.

 

Le marché de Sou-Bwa !

 

Et enfin, à Sou-bwa, vous trouverez en permanence un coiffeur, un couturier, un loto et un night-club ouvert jusqu’à 16h les jours de marché… bref, une véritable véritable plaque tournante de la tablette aux cacahuètes.

T comme Toboggan

Ou comment aborder le sujet brûlant des canyons, nos jolies découvertes de cette expé spéléologie. Le plus chouette et le plus impressionnant est celui de la ravine Casse-Cou, qui n’avait probablement jamais été descendu, en raison d’un premier puits de 20 mètres. Topographié une première fois par Matthieu et Jeff une semaine après le début de l’expédition, l’ensemble de l’équipe le descendra un lendemain de crue 4 semaines plus tard, en emmenant avec eux un Haïtien et un Français qui travaillent tout deux pour le Parc Macaya. Il y avait suffisamment d’eau pour profiter pleinement de ces structures naturelles tel le toboggan, le grand bain, le plongeoir et le jacuzzi. Un parcours très ludique, et une géniale fraîcheur dans cette journée torride !

Les courbes féminines de la ravine Casse-Cou !

 

Matthieu dans le canyon très sombre de Casse-Cou

U comme Urticant

Aïe ! Ouille ! Ces doux petits cris qui ponctuaient régulièrement nos marches d’approche.

Tout indiquait sur certains végétaux leur propriété urticante, alors que d’autres, plus vicieux, attendaient un peu pour se déclarer sur nos pauvres peaux déjà maltraitées. De sorte qu’il n’a pas toujours été possible pour nous d’identifier clairement leur antipathie à notre égard, et éviter de futures désagréables rencontres.

C’est ainsi que l’on avons tous été victime plusieurs fois de ces ennemis invisibles, et avons passé ensuite nos belles soirées « à se gratter la peau, à se gratter la chair, à se gratter jusqu’à l’os », comme l’écrivait Cendrars.

Sympa les fougères !

V comme Voltage

Olivier qui vérifie que tout est bien branché.

 

L’électricité n’est que rarement disponible en H24 dans les villes haïtiennes, et reste absente des campagnes ; plusieurs solutions sont utilisées par les habitants telles que le mini-panneau solaire souvent dédié à la recharge du téléphone et au fonctionnement de la radio, et le groupe électrogène, souvent détenu par un notable qui se rémunère sur les recharges que les gens viennent effectuer chez lui. Compte-tenu de la quantité d’énergie dont nous avions besoin quotidiennement pour la recharge des accus du matériel photo et de spéléologie, des amis d’Olivier nous avaient aimablement prêté leur groupe électrogène . Toute la réserve d’essence et d’huile avait été amenée à notre arrivée, car une fois à Formon il était difficile d’en trouver.

W comme Wòch

Surtout, ne pas tomber dans le lapiaz pour Olivier.

 

Du caillou en créole, du lapiaz bien aiguisé, ce que nous étions venu chercher.

De la culture du maïs dans le lapiaz, des pans entiers concassés pour permettre l’agriculture, des trous bouchés à grand renfort de pierres et débris végétaux, ce n’est par contre pas exactement ce à quoi nous nous attendions à cette altitude et dans ce coin d’Haïti.

X comme Xiphoïde

Attention chérie, ça va couper.

 

Xiphoïde désigne en botanique les appendices en forme de glaive… alors nous profitons du X pour revenir sur cette végétation dense qu’il a fallu attaquer à grands coups de machette pour pouvoir s’approcher des cavités.

On sait, le X est toujours un moment délicat de l’abécédaire. Soulagés nous étions le jour où nous nous sommes occupés de cette tâche nous-mêmes, car souvent les Haïtiens, en nous débroussaillant le terrain, nous laissaient sur les rebords glissants des puits, des petits troncs d’arbuste bien aiguisés, bien pointus, bien parfaits pour se les planter dans le c…

Y comme « Y a pas un ‘y’ dans Amoxiciline ? »

Un grand merci aux antibiotiques à large spectre qui en ont tiré d’affaire quelques-uns de l’équipe alors que leur mollet suintait et qu’ils continuaient de prospecter dans des rivières souterraines qui assuraient le drainage des eaux grises des habitations en amont ! Hein Pascal ?

Olivier, qui a avoué « se sentir bien » dans cette étroiture, quand bien même il s’agissait de la ravine collectrice des eaux grises du village. Tournée d’amoxiciline pour tous à la sortie !

Z comme Zanmi

Celui-là est facile à traduire en français, non ?

Merassaint et Marie-Pierre s’étaient rencontrés en 2009 autour d’un projet d’eau potable,

et se retrouvent quelques années plus tard autour d’un projet spéléologie.

La famille de Merassaint captivée par les photos de boulange traditionnelle de Jean-François.

 

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